La création du troupeau remonte à 2014. A cette époque, les éleveurs avaient rentré 14 génisses pleines Aberdeen Angus provenant de Grande Bretagne. Leur volonté était de travailler uniquement en insémination avec des semences importées de Grande Bretagne, des Etats-Unis, d’Australie ou encore du Canada.
En 2019, le GAEC fait le choix d’importer des embryons provenant d’Ecosse pour créer une section Aberdeen Angus Native sur l’élevage. De ces embryons, sont nés 2 mâles et une femelle. La femelle a été collectée 4 fois en 3 ans et a produit 14 embryons. En 2021, ce sont des embryons Red Angus qui ont été importés des Etats-Unis et qui ont donné naissance à 2 femelles. Ces deux femelles ont été collectées et ont produit 19 embryons. Le premier mâle né d’embryon Aberdeen Angus Natif est devenu un taureau. Il s’appelle Corto et a même participé au Sommet de l’élevage. Il a été envoyé à la taurellerie Auriva de Soual pour produire des doses. Ses doses sont aujourd’hui disponibles à la vente auprès des éleveurs français et internationaux. Les premières collectes d’embryons ont été effectuées sur les femelles importées dont la production correspondait le plus aux attentes bouchères. Sara Ollis précise: "D’autres critères sont bien entendu pris en compte comme les facilités de naissance, la production laitière, les pattes et la docilité." En 4 ans, ce sont 20 collectes qui ont été réalisées pour 127 embryons produits.
Sara et les membres du GAEC ont choisi de pratiquer la transplantation embryonnaire pour plusieurs raisons:
- "multiplier leurs meilleures lignées
- assurer leur pérennité en conservant un stock d’embryons. Sara nous confie: «Certains de ces embryons ont été vendus pour financer les collectes et permettre à d’autres éleveurs d’acquérir de la génétique Angus. Nous avons beaucoup de demande, il y a un attrait croissant pour cette race en France .»
- diversifier les familles. «Quand la totalité des mâles et 70% des femelles partent pour la reproduction, il faut gérer la consanguinité afin de toujours être en mesure de proposer aux acheteurs des reproducteurs qui conviennent à leur élevage. C’est grâce à ce travail que nos clients reviennent régulièrement» nous explique Sara.
- conserver des lignées: «une vache porteuse de la Neosporose a aussi été collectée avant la réforme. La collecte a permis de conserver la lignée tout en évitant de multiplier cette maladie dans l’élevage."
Sara conclut : "La transplantation embryonnaire est un investissement sur le long terme. Elle permet de suivre l’avancée de la génétique dans la race et de proposer des reproducteurs qui correspondent aux attentes des éleveurs. Les ventes d’embryons en amortissent le coût."