La méthode AGIR, présentée dans Génétique et Reproduction n°78, illustre l’engagement de la coopérative pour aider les éleveurs à améliorer ou maintenir un bon niveau de performances, et donc de rentabilité et durabilité.
C'est un processus qui comporte trois étapes. Ces trois étapes sont communes pour la production laitière ou la production allaitante.
La première étape consiste à prendre le temps de se fixer des objectifs de reproduction. Cette réflexion peut être réalisée en compagnie du technicien qui dispose d'outils informatiques pertinents.
Deux objectifs simples doivent être paramétrés :
- Vaches: IVV ou Intervalle Vêlage Vêlage en nombre de jours
- Génisses: Âge au premier vêlage en nombre de mois.
Les techniciens sont des conseillers techniques. Ils peuvent proposer des bilans de fertilité à l’insémination grâce à leur logiciel métier. En routine, ce bilan peut être consultable rapidement mais la coopérative conseille de prendre un temps dans l’année pour y réfléchir, l’analyser et refixer ses ambitions. A partir de cet état des lieux, on peut paramétrer les deux objectifs.
Pierre PAILLY, co-gérant SCEA de la Borie Grande (12)
Témoignage SCEA DE LA BORIE GRANDE (12)
- 80 mères limousines, 130 ha, 200 brebis BMC et 200 brebis Suffolk, 900 places d'engraissement porc
- Vêlages étalés pour la production de veaux d'Aveyron et du Ségala
- Nombre IAP 2023/2024 : 62
"Le bilan de fertilité aide à fixer mes objectifs de reproduction. On s'oblige à le regarder tous les deux mois pour connaitre notre évolution".
Pierre PAILLY explique : "j’apprécie le soutien de Julien MALGOUYRES, notre inséminateur, pour assurer le suivi de la reproduction. Depuis peu de temps, on s’oblige à faire un point tous les 2 mois à partir du bilan de fertilité. C’est le moment où je prends des décisions: faire des aptitudes, organiser des lots de fouilles, identifier les animaux à problèmes ou en retard. On cumule deux difficultés au niveau du troupeau: un allongement des IVV et de la mortalité sur des veaux âgés de quelques semaines. Avec notre IVV actuel, on perd une marge de plus de 15 000€ avec les veaux non produits. On est dans une phase où les réformes sont plus importantes que le renouvellement. On est en train de se débarrasser des vaches à problèmes: paratuberculose, IVV supérieur à 400 jours, absence de lait, mortalité, tétine trop basse."
Plusieurs génisses ont été achetées à l’extérieur cette année et ont été conduites avec les vaches. Elles sont mises à la reproduction à partir de 2 ans. Il y a une réelle volonté d’avancer l’âge au premier vêlage, pour l’instant les résultats sont satisfaisants. "A partir du 15 janvier, c’est le démarrage des agnelages. On est davantage concentré sur les brebis que sur les vaches à cette période là. Donc, c’est sûr qu’on peut louper des cycles. Je me suis équipé de patchs Estrus Alert que j’utilise en systématique. Ne pas louper des cycles, c’est arrêté de rallonger l’IVV moyen. Avec nos inséminateurs, quand on a des IVV qui dépassent les 380 jours ou plus de 4 mois après le vêlage, on fait des lots de synchronisations." Généralement, les éleveurs n’inséminent pas avant 45 jours post-vêlage.
Au printemps, Pierre a essayé la gamme des bolus avec le METRABOL et le VELIBOL. "Avec le METRABOL, on a réussi à rattraper des vaches à la dérive. Avec le VELIBOL j’ai vu des veaux plus toniques, qui ont tété tout de suite, à peine sur leurs pattes. Ça n’a pas traité les diarrhées qui sont toujours présentes mais par contre, les veaux malades se sont mieux soignés. On a vu une réelle différence entre les veaux des mères qui ont reçu les bolus et les autres qui ne l’ont pas eu."
Le bilan de fertilité est un outil pour comprendre la situation et s’appuyer sur des critères de base pour la reproduction : taux de réussite, délai de mise à la reproduction, régularité des cycles… "Avec le calendrier et l’observation du bilan régulièrement, je surveille les derniers vêlages et j’observe les animaux qui devraient bouger. On est en train de mettre en place cette méthode avec Julien. Je travaille avec lui depuis que je me suis installé, on a construit une réelle relation de confiance donc ses conseils sont précieux. Je sais qu’on est partout à la fois et ça nous joue des tours. On est en train de faire l’acquisition du SenseHub pour être meilleur sur la détection des chaleurs" confie Pierre.