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L'IVV, c'est quoi ? Quels impacts ?
Méthode AGIR
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L’IVV est l’indicateur de fécondité du troupeau. Pourquoi s'y intéresser ? Parce que son allongement a une conséquence directe sur la productivité technique du troupeau et que la maîtrise de la reproduction a un très fort impact sur le revenu.

L’IVV est l'Intervalle Vêlage-Vêlage : intervalle moyen entre 2 vêlages. C'est l'indicateur qui pèse dans la productivité en veaux des troupeaux. Selon les années et les systèmes de production, améliorer l'IVV moyen du troupeau améliore systématiquement le revenu (voir les résultats des réseaux d'Elevage  INOSYS). 

Le revenu des éleveurs allaitants est très dépendant du contexte économique et de décisions politiques prises à l’échelle de la France ou de l’Europe. Mais, ce revenu est principalement et avant tout constitué par le produit de leurs ventes. Autrement dit, le nombre de veaux vendus par rapport à l’effectif de mères présentes constitue un facteur essentiel. 
Or, L'IVV est stable depuis 10 ans, autour de 410 jours en France, avec de fortes variabilités entre troupeaux. Ce manque à gagner pèse lourd chaque année dans les comptes des éleveurs.


LA REPRODUCTION : UN LUXE A GARANTIR ! 


La reproduction des vaches allaitantes est une fonction de luxe pour l’animal. La gestion par l’éleveur de l’alimentation, la conduite sanitaire du troupeau et les pratiques autour du vêlage, sont autant de facteurs qui peuvent favoriser ou nuire à la reproduction des vaches. Les besoins alimentaires du bovin évoluent au cours de son cycle de production, c’est pourquoi les aliments distribués doivent fournir aux animaux les composants utiles à leurs fonctions vitales (besoins d’entretien), leur croissance (schéma ci-contre) et la lactation. La reproduction est une fonction de luxe qui n’est assurée que si les autres besoins sont couverts. Les rations distribuées aux bovins doivent être équilibrées en azote, énergie et minéraux, vitamines et oligoéléments.
Les besoins d’entretien sont prépondérants dans les besoins annuels totaux de la vache allaitante : ils représentent environ les deux tiers des dépenses énergétiques et azotées, alors qu’ils ne sont que d’environ 40% pour une vache laitière produisant 6500 kg de lait.
 


L’influence de l’alimentation sur la fertilité



Apport énergétique
Le bon état corporel des femelles couplé à une bonne couverture des besoins énergétiques diminue l’intervalle vêlage – insémination ou saillie fécondante, impliquant un maintien du cycle de reproduction optimal. L’ovulation est  directement liée à l’apport énergétique. En effet, tout déficit énergétique entraine une baisse de production d’hormones responsables de l’ovulation. La note d’état corporel doit être au moins de 2,5 tout au long du cycle de production, de 3 lors de la saillie ou de l’IA et de 3 au vêlage. A contrario, une note supérieure à 3,5 entrainera des difficultés au vêlage. Des études ont montré qu’une restriction alimentaire de 20 à 40% ou un surplus de l’ordre de 40% dans le dernier tiers de gestation chez la vache pouvait augmenter la durée d’anoestrus post-partum (absence de chaleurs ou chaleurs silencieuses  après vêlage). Ces retards sont respectivement de l’ordre de 8 à 21 jours pour une restriction et d’environ 10 jours pour un surplus alimentaire. 60 à 70 % des vaches allaitantes (multipares) ont une durée d’anoestrus post-partum plus long que la normale, soit au-delà de 45 jours. Chez les primipares, ce sont 80 à 90 % des femelles qui présentent des retards significatifs. Les déséquilibres de l’alimentation sont les causes majeures d’anoestrus et donc d’augmentation de IVV (intervalle vêlage-vêlage). 
Cependant, des solutions existent. Un anoestrus post-partum peut être raccourci par une augmentation de l’apport énergétique en fin de gestation et début de lactation. L’apport énergétique est plus important que l’apport protéique pour le maintien de la fonction de reproduction.

Apport azoté
Un déficit azoté entraîne une diminution de l’efficacité de la digestion, notamment de la digestibilité des fourrages au niveau du rumen et donc un déficit énergétique ce qui provoque une chute de production (croissance et/ou lait). En revanche, un excès azoté (ex : mise à l’herbe) peut conduire à des troubles générateurs d'infertilité, notamment des risques d’avortement embryonnaires en début de gestation. 
Un apport azoté le dernier mois de gestation est nécessaire pour la constitution du colostrum très riche en anticorps.
Après le vêlage les besoins en protéines doivent être couverts strictement. La complémentation est alors indispensable. 

Apport en minéraux, vitamines et oligoéléments
Tout déficit en minéraux (Calcium, magnésium, phosphore) entraine une infertilité. Les vitamines A, E et B12 ainsi que les oligoéléments notamment iode, sélénium, zinc, cuivre, cobalt ont un rôle essentiel dans la reprise d’activité ovarienne. La distribution peut se faire toute l’année ou par cure avec des périodes cibles : fin de gestation (2 derniers mois), allaitement et mise à la reproduction.
Il est bien-sûr nécessaire d’avoir correctement déparasité les animaux afin d’optimiser les apports alimentaires.

Les composantes de la fécondité
Les composantes de la fécondité

Dans un environnement de plus en plus incertain, la productivité numérique du troupeau est au cœur du métier d’éleveur. Chaque point gagné permet de consolider la rentabilité et le revenu de l’exploitation : c’est important pour anticiper l’avenir ! Plusieurs leviers existent pour améliorer ces résultats en élevage allaitant : alimentation, conduite de la reproduction, hygiène et sanitaire, élevage des génisses de renouvellement, conduite des vaches autour du vêlage, protection des veaux… A chaque éleveur de faire un état des lieux de ses pratiques pour gagner en productivité.

Les points à contrôler pour maîtriser la productivité numérique
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